Le bulletin Le lien

J’étais aux prises avec une série de crises incessantes provoquées par l’alcoolisme et la toxicomanie de mon fils, et par son incapacité à prendre des décisions sages quand quelqu’un me prenait à part pour me parler. Il avait été témoin de mes vaines tentatives à contrôler la situation et un jour, il m’a dit : « Il faut vraiment que je te dise quelque chose. Cela fait plus de douze ans que je suis sobre, et ni ma mère ni mon père ne sont en vie pour le voir. » Malgré tout le chaos et le drame, à ce jour, je n’ai jamais oublié ces quelques mots.  

Aussi loin que je puisse me rappeler, la maladie de l’alcoolisme avait déployé ses « tentacules » au sein de notre famille. Quand j’étais enfant, j’étais protégée de certains de ses aspects les plus obscurs : le décès d’un de mes oncles suite à une insuffisance hépatique et le suicide d’un autre. Plus tard, j’ai dû subir les sarcasmes de mon grand-père et les accès de colère de mon père qui étaient tous deux alcooliques. Parfois, le fardeau que j’avais sur le cœur était tel un barrage qui retenait les souvenirs douloureux et embarrassants, mais qui était toujours sur le point d’exploser.

« Se hâter simplement »… Cette simple phrase est si forte de sens pour moi. J’adore l’histoire; en particulier l’histoire de la marine et les romans historiques. « Se hâter lentement » est ce qu’on disait aux marins et aux débardeurs lorsqu’ils étaient sur le point de s’atteler à une tâche ardue – une tâche qui demandait de gros efforts et beaucoup de force, mais aussi de l’attention, de la patience, et de la délicatesse. C’était généralement pour bouger de lourdes cargaisons en vrac qui s’avéraient aussi très fragiles.